CODIFICATION DES DONNÉES NATURALISTES
Il n'y a pas actuellement de fiches de saisie d'observation pour la Centrale Naturaliste. Sans outil informatique, ces fiches se justifient par la nécessité d'obtenir des documents homogènes pour un tri manuel rapide des observations. Dans le cadre des atlas Mammifères ou Reptiles, actuellement en cours, cela rend plus facile la saisie des observations suivant un masque de saisie défini et rigide. Mais la vocation première de notre base de données est de conserver sur un support informatique toutes les observations transmises à la Centrale, quelque soit la diversité de leur présentation. Des essais de fiches standards se sont révélés catastrophiques, car ils donnaient l'impression d'une grande complexité, alors que c'est tout le contraire.
Le principal atout de l'informatique est la souplesse de son utilisation !
Quelque soit la manière dont vous présenterez vos données,
elles seront parfaitement exploitables pourvu que vous ayez mentionné
les informations essentielles que nous développons ci-après.
Les informations indispensables concernent l'espèce,
le lieu, la date, et l'observateur.
* ESPECE
: nom de l'espèce,
nombre d'individus, sexe ou âge le cas échéant.
Gagnez du temps ! Pour
le nom de l'espèce, vous pouvez utiliser indifféremment
le nom français ou le nom scientifique, voire une abréviation
évidente du nom français (G.c.i, RQFB, R3B...) -attention cependant
aux risques de confusion, comme pour B.v. qui peut être le Bécasseau
variable, ou la Buse variable ; ou encore le code des trois premières
lettres du genre et de l'espèce : CALALP pour Calidris alpina. Il y
a alors un nombre limité de doublons (exemple Corvus corax,
Corone c. corone, Corone c. cornix) à connaître
; la liste complète des espèces provençales avec leur
code est disponible sur papier, par mail ou disquette PC sur simple demande.
Je reçois souvent des données où figurent systématiquement
le nom vernaculaire et le nom scientifique, c'est une perte de temps inutile.
Il est évident qu'une observation n'a d'intérêt que si
elle est suffisamment précise, mais nous pouvons rentrer également
des groupes d'espèces, comme Fuligule indéterminé,
ou Martinet sp. Il est plus juste de dire qu'on a vu un Cochevis sp.
si on n'est pas sûr à 100% d'avoir déterminé un
Thekla, mais l'observation a alors une valeur limitée tant qu'elle
n'est pas confirmée.
Le nombre d'individus peut être
précis (5000 ; 3 couples), ou approximatif (4-5 ; ca.5000), ou estimatif
(quelques, beaucoup, rare..). Seuls les chiffres précis peuvent être
pris en compte dans des calculs statistiques ultérieurs, et, chaque
fois que c'est possible, il faudra chercher à les obtenir. En outre,
pour certains groupes, comme les oiseaux d'eau, une observation non chiffrée
d'une espèce commune n'a que peu d'intérêt : une mention
de plus de la présence de Flamants roses aux Salins de Berre n'apporte
rien ou presque, si elle ne concerne pas un dénombrement significatif.
Dans la base de données informatisée, le champ "nombre
d'individus" [nbsp] est obligatoirement numérique (choix arbitraire).
Si l'observation est de "environ 50 ind.", on marque 50 dans le
champ [nbsp], et on précise dans le champ [remarques] "environ
50". De même, si on observe un couple de Pie-grièche avec
3 jeunes au nid, on marquera [nbsp] = 2, [remarque] = 1 couple avec 3 pulli
au nid. De même, on a choisi arbitrairement de représenter le
nombre de nicheurs par le double du nombre de couples : si on observe 45 couples
de Sternes naines, on marquera "90" dans le champ [nbsp], et "45
c." dans le champ [remarque].
Mentionnez le sexe et/ou l'âge, ou la phase
de coloration des individus observés, lorsqu'ils sont connus
: mâle, fem., imm., juv., 2°A, 1°Hiver, phase claire, plum.nuptial,
etc...
* LIEU : pouvoir retrouver le
site d'observation.
La codification des informations géographiques est le concept le plus
difficile à simplifier. Le moyen le plus précis est sans conteste
fourni par les coordonnées géographiques,
latitude et longitude exprimées de préférence en grades
et milligrades.
La question de l'unité n'est pas encore tranchée : les grades
sont une spécificité française, et malgré leur
simplicité logique, ne sont disponibles sur aucun GPS, et sur bien
peu de cartes. L'usage des degrés, minutes et centièmes de minute
est beaucoup plus répandu et prévaut sur le domaine maritime.
Enfin, les nouvelles cartes TOP25 sont systématiquement carroyées
dans les coordonnées kilométriques UTM, unité de référence
pour les GPS, et qui peuvent être très pratiques. Quelque soit
l'unité choisie, la conversion ultérieure est toujours possible.
ex: 5°42'31" = 3,745 gr.
Je sais parfaitement que beaucoup d'observateurs risquent de ne transmettre
aucune donnée plutôt que de se voir contraint à calculer
les coordonnées de ses points d'observation. L'expérience de
ces dernières années montre cependant que nous avons un réel
besoin de données précises, que ce soit pour la réalisation
des atlas ou l'actualisation des ZNIEFF. Pensez donc à nous, au moins
pour les sites méconnus que vous êtes les seuls à fréquenter.
Il n'est pas indispensable de fournir les coordonnées de la Capelière,
par exemple, tout le monde sait où celà se trouve (mais si vous
pouvez nous éviter la recherche, n'hésitez pas !). Une ferme
isolée dans le Haut Var, en revanche, a peu de chance d'être
facilement retrouvée par le responsable de la cartographie. A fortiori
si la seule mention d'une localité ressemble à : "centre
Crau", ou "en Haute-Tinée".
Le calcul des coordonnées géographiques peut se faire de deux
façons : sur carte ou sur GPS. Les GPS (Global Positionning System)
sont des outils merveilleux, coutant environ 1400 F actuellement, parfois
beaucoup moins (j'ai trouvé le mien à 600 F chez Décathlon)
qui fournisse un point avec la précision du centième de degré
(environ 4 mètres de précision), où que vous soyez, sur
le terrain et au moment de votre observation.
L'autre méthode, plus classique, est le calcul sur carte, de retour
à la maison. Les cartes IGN au 1:25 000 série bleue offrent
une précision inégalable, et leur lecture permet de découvrir
mille particularités sur la région étudiée. Elles
possèdent en outre un cadre gradué en centigrade (échelle
intérieure), qui permet un repérage facile, et les versions
actuelles TOP25 sont directement carroyées tous les km selon le système
UTM. Il n'y a plus qu'à rapporter la position du point d'observation
sur les axes du cadre et faire une règle de trois pour connaître
sa latitude et sla longitude ; on peut lire en outre l'altitude et la commune.
1 mm sur la carte équivalent à 25 mètres sur le terrain,
on peut aisément définir un point à 10 mètres
près. Attention, les anciennes cartes TOP 25 ne disposent pas du cadre
gradué, mais seulement d'un carroyage en décigrade. Le calcul
du point demande alors de disposer d'une règle de 40 cm pour faire
des reports faciles.
Les cartes au 1 : 100 000 (cartes touristiques série verte), de l'IGN
toujours, sont également très pratiques, et demandent un minimum
d'investissement. L'essentiel de la région PACA tient dans 5 cartes,
où figurent les contours des communes, des repères en grade,
et les carroyages des cartes au 1:50.000. Il est pratique d'y reporter la
division en 1/32 de carte au 1:50 000, et de faire le calcul du point comme
précedemment, par une simple règle de trois.
Egalement très utiles, les cartes IGN au 1:50.000, dont les abaques
permettent de relever directement les coordonnées géographiques
en milligrades ou degrés (une soixantaine de cartes en région
PACA, malheureusement de moins en moins disponibles en librairie), ou les
assemblages Didier-Richard au 1:50.000, qui reprennent les fonds de carte
de l'IGN et décrivent l'essentiel de la région (sauf la vallée
du Rhône) en 12 cartes, mais ne permettent malheureusement pas de calculer
facilement les coordonnées géographiques.
Quoi qu'il en soit, latitude
et longitude, pour être des informations précises, ne sont pas
très parlantes, et des informations sur le lieu (ex: col de la Candelle,
Calanques de Marseille) restent indispensables pour situer facilement l'observation
et contrôler les coordonnées.
Autant que possible, précisez le lieu de l'observation de manière
à ce qu'on puisse le retrouver précisément sur une carte.
Cette précision est obtenue par une combinaison variable d'informations
géographiques telles que lieu-dit, secteur,
commune, département, coordonnées polaires, secteur(s) de carte(s)
IGN.
*Gagnez du temps !
Dans une majorité de cas, il est complètement inutile de fournir
la totalité de ces informations, du moment que le lieu est précis
et bien connu : exemple: salins de Berre ne nécessite aucun autre renseignement
pour être facilement localisé. Bien sûr, nous avons chacun
une connaissance différente de la géographie régionale,
et j'apprécie qu'une localité éloignée soit accompagnée
d'indications (carte, secteur, ou distance orientée par rapport à
un point de repère, ville ou site connu) ; mais une fois suffit.
Le lieu-dit est si possible un nom indiqué
sur les cartes au 1:50 000 IGN ou Didier-Richard. Ne descendez pas si possible
au 1:25 000, nous ne disposons pas de toutes les planches de la région
; en outre, certains lieux-dits se retrouvent en plusieurs exemplaires au
sein d'une même commune. Le lieu-dit peut être aussi un repère
qui est pour vous significatif, comme une bergerie en Crau, un nom consacré
en Camargue (Bois de la Ville), ou une falaise (Muraille de Chine), ou encore
une intersection de route (à 2km à l'ouest de l'intersection
D41/N568).
Le secteur est une notion très
arbitraire, désignant un massif, un ensemble forestier, ou une zone
géographique ou biogéographique (Sainte Victoire, Camargue,
Haut Var). Au niveau de l'observateur, ce n'est qu'un repère commode
pour m'aider à localiser l'observation. La définition pertinente
de tous les secteurs biogéographiques de la région n'est pas
encore achevée.
La commune est facile à trouver
sur les cartes au 1: 100.000 de l'IGN, comme le département.
Les coordonnées polaires auraient
été une manière commode de localiser précisément
l'observation sans calculer latitude et longitude, en situant le lieu de l'observation
par rapport à l'église communale, indiquée par un o sur
les cartes IGN au 1:100.000, et en indiquant la distance et l'angle fait entre
la droite reliant le point d'observation et l'église communale, et
le nord géographique.


Les cartes géographiques utilisées,enfin, sont traditionnellement
les cartes IGN au 1:50.000. Celles-ci sont désignées par leur
nom (ex: AUBAGNE) ou leur numéro (32-45). Certains secteurs frontaliers
ou littoraux n'avaient pas de nom, je leur en ai attribué un arbitrairement,
la liste est disponible également sur simple demande. Pour plus de
précisions, ces cartes géographiques sont souvent divisées
en 8 pour les enquêtes atlas nationales, secteurs eux-mêmes divisés
en 4 pour des atlas plus précis (Vaucluse, Hautes-Alpes). ). On obtient
ainsi 32 rectangles suivant le découpage ci-dessous

Georges OLIOSO utilise un
code légèrement différent (de 1 à 32) suivant
le même découpage : ainsi 1c=3 et 8d=32. Vous pouvez utiliser
l'un ou l'autre indifféremment, la conversion est automatique.
Il y a quelques années, la mention du ou des numéros de carte
était indispensable pour remplir les mailles des atlas faunistiques.
Avec le développement des logiciels de SIG (systèmes d'information
géographique), cette manière de travailler va devenir désuette
: à partir du moment où la donnée est suffisamment précise
(soit que l'observateur ait mentionné les coordonnées géographiques,
soit qu'il ait fourni les indications nécessaires pour retrouver le
point d'observation), l'ordinateur pourra indifféremment fournir une
carte par point, par commune, par segment de carte à différentes
échelles, ou encore des cartes croisées espèce/altitude,
ou espèce/végétation, ou n'importe quoi d'autre de connu.
C'est à cause de cette puissance de travail aujourd'hui à notre
disposition qu'il faut faire un maximum d'efforts pour fournir des observations
ponctuelles, afin d'exploiter toutes les possibilités offertes par
la micro-informatique. En outre, on ne sait jamais à quelle étude
future vos données vont pouvoir servir. Quand aujourd'hui Michel LEPLEY
veut étudier les variations d'abondance et de répartition de
la Pie-grièche grise méridionale, toutes les données
localisées simplement "Centre Crau" ne lui sont d'aucune
utilité, au contraire de "Grosse du couchant" ou "Baussenq".
Enfin, une donnée très importante dans certains cas est l'altitude
de l'observation, indiquée sur toutes les cartes. L'intérêt
de cette information varie suivant les cas : variation altitudinale d'une
espèce, altitude remarquable (dans les deux sens). Mais inutile de
mentionner l'altitude d'une observation de Flamant rose en Camargue ! D'une
manière générale, essayez de préciser l'altitude
dans toutes les observations de montagne, de reptiles, de mammifères,
de nid d'oiseaux, et d'orchidées.
En résumé, fournir un lieu précis et si possible
une altitude. Si vous avez déjà calculé les coordonnées
géographiques, tant mieux : vos données sont directement exploitables
par un éventuel logiciel de cartographie, et ça nous donnera
moins de travail. Sinon, nous essaierons de les calculer en fonction de nos
besoins. Dans tous les cas, indiquez en clair la localisation de votre observation
: c'est plus compréhensible, cela facilite les recherches et les vérifications,
et c'est le niveau de perception retenu pour les chroniques naturalistes des
feuilles de liaison. Si vos observations anciennes ne peuvent plus être
localisées précisément (c'est le cas de toutes façons
pour toutes les données bibliographiques), envoyez-les quand même,
c'est toujours mieux que rien, et la donnée peut toujours être
partiellement exploitée.
*
DATE DE L'OBSERVATION
Tous les formats de date sont acceptés, mais seules les dates précises
(ex: 14/07/1789) sont prises en compte dans les calculs statistiques. Lorsque
l'observation dure plusieurs jours, ou se répète à l'identique
sur une période donnée, mentionnez la
date de début et de fin de l'observation (ex: du 14.07 au
24.08.92).
Même les dates imprécises peuvent être retenues : en janvier
1991 (co.01.91) ou au printemps 92 (co.pr.92), ou même "en 1993"
(co.co.93). Pour des données imprécises hivernales, pensez à
mentionner les deux années concernées : hiver 93-94, et non
hiver 93, pour éviter toute confusion.
Enfin, "en juin 1982" (courant 06.82) n'a pas la même signification
que "durant tout le mois de juin 1982" (01 au 31.06.82).
Pensez également à dater votre courrier ; il m'arrive trop souvent
de retrouver des lettres signalant "j'ai observé un Aigle pendant
le mois d'octobre dernier...", si l'information n'est pas traitée
immédiatement, c'est une donnée perdue.
*
NOM DE L'OBSERVATEUR
Sans commentaire. Je rentre dans la base de données les noms de deux
observateurs dans des champs spécifiques, sous la forme des codes utilisés
dans les feuillets naturalistes. D'autres noms peuvent être listés
en remarque, vous pouvez donc en mettre autant que vous voulez. Mais l'intérêt
principal (unique ?) de la mention de l'observateur est de pouvoir, le cas
échéant, remonter à la source de l'observation.
Veillez, si vous employez des codes, à utiliser les mêmes que
moi, ou à mentionner leur signification.
Le cas échéant, vous pouvez également mentionner le nom
de l'organisme auquel vous appartenez, notamment en cas de restriction d'utilisation
de la donnée : vous pouvez en toute confiance nous tenir au courant
des observations pour une meilleure connaissance du statut de l'espèce,
et être assuré que la donnée ne sera pas utilisée
sans que vous ou votre organisme ne soit impliqué dans l'étude.
*
DONNEES COMPLEMENTAIRES
En remarque, vous pouvez apporter tous les commentaires que vous souhaitez
à votre observation : comportement, attaque sur proie ou prédation
subie, nature de l'observation (traces, pelotes, cadavres..), biotope, taille
de l'individu, état de la floraison, régime alimentaire, contenu
d'aire, densité à l'hectare ou le long d'un itinéraire
échantillon, etc.. Access permet de saisir en remarque un nombre de
caractères illimité, mais il vaut mieux être synthétique.
Une mention spéciale doit bien sûr être réservée
au code de nidification, très utile
pour les atlas nicheurs. Comme nous n'en avons pas en chantier actuellement
à l'échelon régional, vous êtes libres d'utiliser
la codification que vous voulez, soit nicheur probable ou certain (possible
a vraiment peu d'intérêt), soit les indices européens
utilisés pour les atlas nationaux (apport de proies, nid invisible,
juvéniles mal volants..).