L'aire de répartition a diminué. De 1949 à 1962, une
petite population était cantonnée sur le vieux Rhône
au niveau d'Avignon (Salavan, 1983). La nidification de la glaréole
était fréquente dans le sud de la plaine de la Crau et dans
le Golfe de Fos au moins de 1951 à 1975 (Cheylan 1975, Lévêque
com. pers.). Dans le département de l'Hérault, la nidification
de l'espèce est fortement suspectée dans les années
1960. Enfin en Camargue, l'espèce nichait sur l'ensemble des marais
autour de l'étang du Vaccarès avec généralement
de 2 à 5 colonies.
Aujourd'hui, seulement deux secteurs sont colonisés chaque année
en tête de Camargue. Dans le Gard et l'Hérault, la nidification
est occasionnelle.
Biologie de la reproduction
Les premières glaréoles arrivant d'Afrique peuvent être
observées dès la fin du mois de mars ou début avril.
Mais c'est réellement entre fin avril et mi-mai qu'elles arrivent
en Camargue.
Les pontes, de 2 à 3 œufs sont déposées à
même le sol. Au final, seulement 37% des installations mèneront
au moins un jeune à l'envol soit une moyenne de 0,5 poussins par
tentative de reproduction.
Ces résultats sont très faibles par rapport à d'autres
populations comme en Espagne (Dolz Gracia & al., 1989, Calvos, 1994,
Bertolero & Vilalta, 1997-98) et en Ukraine (Plozhidaeve & Molodan,
1992) où de 1 à plus de 2 jeunes par couples sont produits.
Les glaréoles installent leurs colonies dans des milieux très
ouverts et arides présentant un faible recouvrement et une faible
hauteur de végétation. Les habitats sélectionnés
sont des sansouïres ouvertes, des vasières sèches,
des prairies fortement pâturées, des jachères agricoles.
Les études depuis l'an 2000 ont permis de mettre en évidence
leur dépendance également vis-à-vis des zones humides
pour leur alimentation. Elles recherchent dans un rayon d'un kilomètre
autour de la colonie une surface en milieux humides de plus de 55%, roselières,
prairies humides et rizières.
Causes d'échec
de la reproduction
43% des échecs de la reproduction sont directement liés
à l'activité humaine : mise en eau artificielle du site
(22%), piétinement par les troupeaux de taureaux (13%) et dérangements
humains (8%). 26% des échecs sont d'origine naturelle (mise en
eau du site d'origine naturelle, prédateurs) et 31% restent inexpliqués.
Menaces
sur les zones humides méditerranéennes
Les zones humides ont été l'objet d'aménagement et
d'assèchement souvent issus d'efforts collectifs ancestraux. Les
zones humides méditerranéennes restent le lieu de conflits
d'usages croissants soulignant les enjeux de conservation de leur biodiversité.
Aux profondes modifications d'usage du sol (urbanisation, mise en culture,
tourisme), s'ajouteront au XXIe siècle les modifications liées
aux changements climatiques et à la pénurie grandissante
de l'eau. La convergence entre les usages des zones humides et la conservation
de leur biodiversité reste encore à trouver.
Principaux objectifs
du printemps 2005
L'objectif
central du projet est de garantir la pérennité de l'espèce
en France sur le long terme et de proposer des solutions rationnelles
et durables visant à conserver la Glaréole à collier
Le projet inclut plusieurs volets :
1. Inciter les glaréoles à se reproduire
sur des espaces protégés
Si les habitats de reproduction et d'alimentation de la glaréole
à collier sont aujourd'hui directement liés aux activités
humaines (pâturage, jachères agricoles, marais de chasse,
rizières, etc.), certaines modalités d'utilisation de ces
espaces par l'homme peuvent limiter la reproduction des colonies. Certains
conflits d'usage ont ainsi déjà été mis en
évidence tels que l'inondation des pâturages au printemps,
destinée à augmenter la valeur fourragère des parcelles
pour le bétail, qui entraîne l'inondation des colonies. De
même, la remise en eau précoce de certains marais de chasse,
dans un but cynégétique, peut conduire au même résultat.
Une gestion durable des écosystèmes doit conduire les différents
acteurs du territoire camarguais à établir un cahier des
charges qui prennent en compte à la fois le maintien de la biodiversité
tout en garantissant la pérennité des activités humaines.
Pour l'heure, nous cherchons a attirer les glaréoles sur des espaces
protégés et gérés pour elle, au Marais du
Vigueirat, à la station biologique de la Tour du Valat et sur les
terrains du Parc Naturel Régional de Camargue. Cette action a pour
objectif de multiplier les sites colonisés et ainsi augmenter le
succès de reproduction de la population.
2. Information
et sensibilisation des acteurs locaux, propriétaires de marais
et agriculteurs
La très grande majorité des colonies s'installe sur des
espaces privés non protégés. Ainsi, plus de 40% des
échecs de la reproduction pourraient être évités
en présence d'une concertation avec les propriétaires et
agriculteurs. C'est pourquoi l'information et la sensibilisation des acteurs
locaux sur les exigences et la valeur patrimoniale de la glaréole
à collier est une étape déterminante pour le succès
de la conservation de l'espèce en France.
3. Suivi
de la reproduction
La poursuite du suivi des colonies de nidification est essentiel pour
mesurer l'évolution des effectifs et de leurs succès reproducteurs
afin d'évaluer le succès des mesures de protection mis en
place.
Partenaires
du projet
- Le Conservatoire
Etudes des Ecosystèmes Provence (CEEP)
Le CEEP est une association régionale qui a pour mission la conservation
des espaces naturels et l'étude de la faune et de la flore à
forte valeur patrimoniale.
- La Fondation Sansouire (Station
Biologique de la Tour du Valat)
La Station Biologique de la Tour du Valat est un centre de recherche privé
reconnue d'utilité publique dont la mission est l'étude
et la conservation des zones humides méditerranéennes
- Le Parc Naturel Régional
de Camargue
Le Parc Naturel Régional de Camargue a pour but l'information des
acteurs et du public et la gestion du patrimoine en conciliant environnement
et développement local en Camargue. Avec la majorité des
colonies installées sur son territoire, le Parc est un partenaire
incontournable.
- Les Amis des Marais du Vigueirat
Les Amis des Marais du Vigueirat est une association gestionnaire des
Marais du Vigueirat, terrain situé en Camargue et propriété
du Conservatoire du Littoral, et met en place des mesures de gestion et
de conservation.
- La Fondation Nature & Découvertes
La Fondation Nature & Découvertes a pour vocation de soutenir
financièrement les associations de protection de la nature sauvage.
Elle participe aux actions que nous menons cette année 2005 en
faveur de la glaréole.
- Les propriétaires privés
et les agriculteurs camarguais
Nicolas Vincent-Martin
nvm@bdway.com
CEEP - Ecomusée de la Crau
13310 St Martin de Crau
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