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Intervention du CEEP : Convention de gestion
depuis 2001.
Commune : Saint-Laurent-du-Cros (Hautes-Alpes)
Propriétaire : Commune de Saint-Laurent-du-Cros
Superficie : 2,85 ha
Altitude : 1 270 m. Le marais de " Sagne de Canne "
est localisé sur le plateau de Bayard, dans la partie méridionale
de la petite région naturelle du Champsaur.
Il fait partie d'un ensemble de zones humides (marais et prairies
humides) conférant au plateau une très forte valeur
patrimoniale
Climat : Montagnard. La crête du col Bayard constitue
à la fois une limite géographique et climatique entre
les Alpes du Sud et les Alpes du Nord.
Géologie et géomorphologie :
Le plateau de Bayard est constitué d'épandages glaciaires
récents (Würm de -80 000 ans à -12 000 ans) recouvrant
les " Terres noires " de l'Oxfordien-Batonien. Ces moraines
comprennent des éléments exogènes où
prédominent les grès de l'Embrunais et parfois les
roches cristallines du Pelvoux.
Lors des grandes glaciations du Quaternaire, un bras du glacier
du Drac a franchi la dépression de Bayard pour rejoindre
le glacier de la Durance. Ces glaciers ont modelé le relief
par creusement de dépressions, les dépôts morainiques
et argileux qui ont accompagné leur retrait ont créé
les conditions favorables à la formation de zones marécageuses.
Depuis la fin du Tardiglaciaire au début de l'Holocène
(période commençant aux alentours de 10 200-10 300
ans avant nous et qui se poursuit encore de nos jours), la dynamique
du marais se caractérise par une sédimentation tourbeuse
marquant le comblement progressif d'un lac qui évolue vers
une tourbière (d'après Mona COURT-PICON, Institut
Méditerranéen d'Ecologie et de Paléoécologie,
2002).
Milieux naturels :
Les eaux proviennent d'écoulements latéraux, le marais
peut donc être qualifié de topogène (minérotrophe).
Le marais de Sagne de Canne est caractérisé par des
groupements végétaux à tendance acidophile
:
- Marais acide à Laîche noire (Carex nigra)
et Laîche de Buxbaum (Carex
buxbaumii) en touradons :cette formation qui occupe une très
grande partie du marais peut être rattachée au Caricion
fuscae. Elle correspond aux parties humides en permanence.
Carex nigra, largement dominant, y a développé
de gros touradons ce qui donne une physionomie tout à fait
originale, car peu courante, à cette formation.
Par ailleurs la Laîche de Buxbaum (Carex buxbaumii )
est ici relativement abondante.
- Les prairies à Molinie bleu (Molinia caerulea)
: elles occupent les secteurs les moins longuement inondés
de la tourbière. La Gentiane pneumonanthe
(Gentiana pneumonanthe), espèce médio-européenne
peu commune en région PACA, se développe sur cette
formation. Cette moliniaie est également enrichie en Carex
buxbaumii. Ces prairies ont tendance à régresser
à partir de leurs bordures du fait du développement
de formations de grandes herbacées et des saules.
Les libellules se reproduisant sur la marais sont dominées
par des espèces à développement larvaire rapide
leur permettant de s'envoler avant l'assèchement des trous
d'eau : le Sympetrum jaune et le Leste Dryade.
Le marais ne fait pas actuellement l'objet d'usage particulier mais
était fauché il y a plus de 50 ans. Il évolue
très lentement mais la Molinie a tendance à se densifier
et à accumuler de la matière sèche tandis que
les saules cendrés s'installent à partir des lisières.
Des opérations de restauration seront donc entreprises sur
cette formation dans les années à venir. Des actions
de sensibilisation à l'intérêt des zones humides
du plateau de Bayard devraient être mises en place au travers
de panneaux d'information.
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